28.08.2009
La Havane pile et face 9
La mùsica y los cubanos
A tout moment dans les rues on peut entendre de la musique surtout le soir ou les week-ends.
N’importe quel prétexte est bon pour écouter, chanter et danser. Le moindre bout de bois se transforme en instrument, et parfois ce sont même des poêles qui servent de percussion dans certains groupes de Comparsas. Les enfants bougent sur le moindre son qui puisse être mélodieux.
Les possibilités de se divertir pour un habanero sont plutôt rares. Dans l’éducation qu’ils reçoivent, la musique, le chant et la danse sont gratuits. Donc s’ils ne savent pas jouer d’un instrument ils savent tous danser, et dès le plus jeune âge.
Las Casas de la Cultura sont nombreuses sur la Havane et permettent ainsi de dispenser ces cours si enrichissants. Les musiciens appartiennent en général à plusieurs groupes à la fois, allant de petit boulot en petit boulot musical en fonction de la demande des hôtels, cabarets et autre casino. Quant aux danseurs ils appartiennent parfois à una Comparsa ou groupe de danseurs qui se produit pendant les carnavals de la capitale, de Camaguey ou Santiago de Cuba.
Le soir certains cubains qui en ont les moyens sortent. Une entrée dans un cabaret simple et de 5 CUC mais dans les discotecas l’entré est à 15 CUC soit un mois de salaire pour certains…
Les discotecas sont de grandes salles emplies de tables rondes et de chaises, flanquées d’une scène au fond.
Là les clients sirotent cerveza, ron y otro mojito.
Un groupe rentre sur scène et nous fait profiter de charangas, salsa et cubaton alors que dans les cabarets, le répertoire reste plus classique.
En discothèque, le public est plus jeune donc les groupes sont plus jeunes aussi. Pour moi ce sera la connaissance du groupe de Léonie Torres. Moyenne d’âge 25 ans. Dans ces groupes les choristes sont danseurs et les musiciens n’ont rien à envier à leurs pères ; la musique est excellente et les jeunes filles sont toutes collées au bord de scène, vu les déhanchements des danseurs on comprend facilement leur fascination pour ce type de groupe. Un des groupes les plus connu est celui de La Charanga Habanera, qui à ce propos rentre de tournée en Europe et ce produit ce soir à La Casa De La Mùsica.
Ici point de piste de danse à proprement parler. Lorsque la musique plait les gens se lèvent et dansent à côté de la table. Parfois les serveurs invitent aussi les jeunes femmes à une salsa endiablée. Lorsque la chanson se termine les danseurs se rassoient et continuent leurs conversations.
C’est aussi dans ces discothèques que l’on peut observer ses petites filles à peine entrée dans l’adolescence, vêtues de micro-robe, se déhancher de façon déplacée devant les touristes peu scrupuleux. Elles en perdent leur innocence pour 30 ou 40 CUC, pour elles plus de 2 mois de salaire, de quoi nourrir une famille entière, leur famille et avec un peu de chance/malchance une alliance et surtout un visa. La prostitution à Cuba se fait au su et au vu de tous, mais la misère est telle que parfois, elles, ils, elles/ils n'ont pas le choix...
13:29 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cuba, narbonne, la havane





















Commentaires
Bon ben voilà, enfin j’ai trouvé le temps, un moment que j'ai voulu tranquille , me consacrer à lire une amie, la mienne.
Je te vois décrire cette virée à Cuba. Les voyages et l’intense qui les accompagne ça ne s’oublie pas. Les mots préserveront intact l'émoi. Je pense être privilégiée, j’ai eu droit au récit dès ton retour, j’ai souri en voyant tes yeux briller, à ta façon ut as réussi à me faire voyager .
Puis à présent, le long de tes notes sur ce blog, je devine entre les lignes, j’observe une personne déterminée à faire partager toute la vitalité ramenée de là-bas.
Là-bas : l’autre côté de ce monde las, un endroit où les « gens » n’achètent pas des « choses » pour se donner l’illusion d’exister, là-bas cet endroit où les gens sont focalisés sur l’essentiel : vivre pour de vrai et dès qu’il est possible pour de beau.
Je te vois parler avec pudeur de ces filles trop jeunes faisant danser leurs corps d’apprenti femmes en discothèque, parce que c’est ainsi, le choix n’existe pas parfois ou souvent mais surtout hélas…
Et si nous imaginions un instant, un monde où la nécessité inciterait les chanceux à donner ce qu’ils ont de meilleur c’est à dire un peu d’humanité . Céder un peu de leur temps et de leur énergie, s’aider tous malgré tout…
Je me remémore ton stand au milieu du vide grenier de Moussan, un stand où l’on pouvait acheter un petit bracelet, toi seule en train de réunir un peu d’argent pour les cartables. Un petit bracelet, un lien que ut as voulu créer entre eux et nous . Bravo pour ton pari hautement réussi .
Marie
Ecrit par : ellesurlalune | 30.08.2009
Ecrire un commentaire