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30.05.2007
El Puro y el Ron

A Cuba le cigare est appelé - HABANO ou PURO. C’est l’une des 5 principales ressources du pays. Avec 300 millions de cigares fabriqués pour l’an 2000, Cuba devrait faire face à la demande mondiale.
La Culture et la Fabrication
Les labours s’effectuent avec une charrue tractée par des boeufs en Juillet/Août. Le tabac est semé en Septembre et repiqué à la mi-Novembre, le ’Veguero’ récoltera à partir de Janvier à la main et feuille par feuille. Les feuilles sècheront dans des hangars appelés ’casas del tabaco’ (maisons de bois avec toits de palme) pendant environ 50 jours.
Arrivées à maturation, les feuilles sont rassemblées en ballots dans un emballage en écorce de palmier ’Royal’. Elles vieillissent ainsi de 6 mois à 2 ans.
Les ’Regazadoras’ les écotent, opération qui consiste à ôter les nervures des feuilles. Elles les classent par taille, teinte et texture en les posant sur leurs cuisses. D’où certainement le mythe du ’cigare roulé sur les cuisses des femmes’. Dans les manufactures, opèrent les ’Torcedores’ (les fabricants) assis en longues rangées. Face à eux, sur une estrade ’le lecteur’ (une tradition qui date du début du XIXème siècle) lit le journal, des romans (souvent français). Le Torcedor devra fabriquer de 100 à 140 cigares par jour, suivant les catégories. Il peut fumer autant de cigares qu’il le désire et même en emporter chez lui 1 par jour.
Un ’Habano’ est le mélange de 5 types de feuilles.
3 pour la ’Tripe’ (le milieu du cigare)
1 pour la ’Capote’ ou sous cape enroulée autour de la tripe
1 pour la ’Cape’ la plus précieuse
Les ’Torcedores’ regroupent les cigares par cinquante. Roulés, contrôlés, les cigares vont reposer dans une vaste salle : ’l’Escaparate’ pendant plusieurs semaines. L’Escagedor’, ensuite, classe les cigares en fonction de 64 nuances ou couleurs. Ils seront rangés en dégradé du plus sombre au plus clair. Les cigares sont bagués puis disposés un à un dans leur boite définitive. http://www.youtube.com/watch ?v=p9Om0RA77XM

DON NAVARRO, Maître Rhumier nous révèle cette MAGIE.
Don Navarro refuse de parler du rhum de façon abstraite. Alors, face à son interlocuteur, il commence toujours par disposer sur la table quelques bouteilles et des verres : il faut d’abord déguster. C’est sa façon de dire que Havana Club, le ron cubano, est d’abord une aventure sensorielle. Ce solide cubain de cinquante-sept ans est aujourd’hui le plus fameux maestro ronero de l’île. Le maître rhumier, c’est un peu un alchimiste, un poète, un artiste : il détient le secret du rhum et en élabore la formule qui reste secrète. Sans lui, il ne peut y avoir de ron cubano, ni de Havana Club. Maître rhumier, don Navarro l’est devenu au contact des anciens qu’il aime citer : Mariano La Vine, Umberto Corona - aujourd’hui disparus - ou Arturo Garcia. L’art du maître rhumier ne peut se transmettre que d’une seule façon : de maître à l’élève, avec patience et passion. Pourtant, don Navarro dit qu’il a eu une chance : celle de posséder une « solide culture académique ». Ingénieur chimiste, professeur d’université, il connaît tout du processus de fabrication du rhum, « de la conception d’une usine jusqu’au produit fini ». Il est en quelque sorte le maître rhumier de ce temps, à la fois scientifique et pétri du mystère de la tradition.
Don Navarro, pourquoi dites-vous que le rhum n’est pas un concept qui peut se transmettre intellectuellement ?
Parce que le rhum cubain est avant tout une expérience qui relève de quelque chose de proche de la foi, qui n’est pas un processus intellectuel, mais avant tout affaire de rencontres, de connaissances personnelles qu’il faut actualiser. Il en va de même de la rencontre avec le rhum cubain. Il ne peut exister sans la communion qui existe avec le maître rhumier. Et, pour que cette rencontre puisse se perpétuer, il nous faut toujours conserver la mémoire du rhum et avoir à notre disposition des rhums « de référence ». Ceux que j’utilise aujourd’hui datent de 1978. Je suis en train de les actualiser. C’est très important, car sans ce contact permanent avec la mémoire, le maître rhumier est comme un arbre dont on aurait coupé les racines : il risque de se dessécher.
Que vous apporte au juste cette mémoire ?
Elle nous apporte le rhum cubain. Et Havana Club est ce rhum cubain. Ce n’est pas seulement un alcool élaboré et produit à Cuba : il est élevé selon la tradition cubaine. Sans cette tradition, bien que fabriqué sur notre sol, ce rhum ne serait pas un rhum cubain, avec son arôme et son goût si caractéristiques, qui en font le meilleur du monde. Ce rhum cubain ne peut naître que des profondeurs des terres de Cuba, des « miels » de ses cannes à sucre, de son eau et de sa microflore. Ce patrimoine existe toujours, car notre pays n’a pas été détruit écologiquement. ICi, il n’y a pas de variations brusques de température. Nous avons 16°C pendant quatre ou cinq jours de l’année. Le reste du temps, la température et l’humidité sont constantes. En plus, Havana Club naît de la méthode cubaine d’élaboration : le vieillissement, très lent, est réalisé dans des fûts de chêne blanc fabriqués il y a quatre ou quatre-vingts ans. Les combinaisons, héritées du passé, sont également très complexes. Quel assemblage faut-il pour obtenir le rhum cubain ? C’est la question que le Maestro ronero se pose en permanence. Pour y répondre, il s’appuie sur ses références et sur la culture rhumiére cubaine.
Cette mémoire est avant tout sensorielle ...
Oui, une expérience qu’aucun équipement de dernière génération ne peut remplacer. Et cela, même si nous connaissons parfaitement les constituants physico-chimiques de notre produit. En fait, tout se passe à la pointe de la langue et dans l’arrière-bouche. C’est au fond de la bouche que l’on sent toute l’évolution des sensations : un véritable jardin d’arômes ! Le rhum cubain est un arc-en-ciel de sensations, avec une variété infinie de saveurs. Pour les reconnaître, il faut tout un entraînement. Il m’arrive, par exemple, de refuser un excellent rhum simplement parce qu’il pique un peu la langue ou qu’il possède pas tout à fait ces arômes. Je demande alors qu’il soit de nouveau vieilli.
On est tenté de faire une analogie avec cet autre produit cubain, le cigare ... Bien sûr, le cigare, c’est le parfum de Cuba ; le rhum, sa saveur liquide. Notre rhum Havana Club est à la fois doux et sec, fort et léger, jeune et plein de vitalité, vieux et pétri de sagesse, café et cacao..... C’est un mélange, comme Cuba, pays de métissage. Le rôle du maestro ronero est de faire vivre cette culture, de la perpétuer. Il en est en quelque sorte le dépositaire.
Ne pensez-vous pas qu’il y a un risque que le marché bouscule, voire mette en danger cette tradition ?
C’est vrai que ce risque existe, avec la tentation d’augmenter la production et de simplifier le produit. Certains consommateurs ne sont pas disposés à payer le prix de la tradition. Mais je suis confiant. Je crois que les hommes commencent à rechercher la qualité. Nous, les maîtres rhumiers, sommes là pour préserver notre marque cubaine de ce qui est artificiel, même si cela coûte plus cher. Préserver la tradition, le respect du consommateur, tels sont nos objectifs. Jusqu’à présent, nous y sommes parvenus.
Y a-t-il une école pour devenir maître rhumier ?
Non. Il y a la rencontre entre les jeunes et anciens. Ceux qui restent sont ceux qui deviennent amoureux de cette culture, qui sont « apprivoisés » par la magie du rhum. Vous savez, un homme ambitieux et sans patience ne peut pas devenir maestro ronero. Pour faire ce métier, il faut être humble, c’est-à-dire capable de reconnaître l’héritage des anciens et travailler avec modestie pour les générations à venir. Le rhum n’admet pas de maître égoïste. Ce que je fais aujourd’hui, je ne vais peut-être pas le récolter. Il le sera par d’autres après moi. Je vais faire mon possible pour qu’ils en cueillent les meilleurs fruits et pour cette culture soit encore plus riche après moi. Le rhum est une école de vertu. Vous comprendrez que faire du rhum hors de Cuba et en dehors de la tradition constitue un non-sens. http://www.youtube.com/watch ?v=PZiFo0lYFA0
15:17 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cuba, la havana, projet solidaire, narbonne, rhum, cigarre
09.05.2007
Eliades Ochoa En concert
Article de presse du Bol D'air - L'Indépendant- du 5/5/07
Narbonne. Le Théâtre, Scène Nationale, vous propose le concert d'Eliades Ochoa y el Grupo Patria.
Eliades Ochoa est un de ces hommes qui, au premier coup d'oeil, vous inspirent le respect par leur allure. Ce grand guitarriste cubain est l'un des humbles musiciens qui ont conquis la terre entière en participant à l'enregistrement du disque/film "Buena Vista Social Club" ( voir sur la droite dans liste ). Ses concerts sont avant tout une lettre d'amour à la musique cubaine, et à tous ses poètes compositeurs qui ont laissé un trésor inestimable prêt à renaître à tout moment au travers des nouvelles générations ( voir Rumbabierta lien ci-contre). La qualité du groupe vient en grande partie de l'habilité qu'à ce guitarriste à développer des improvisations autour de la mélodie. C'est une des particularités d'Eliades Ochoa qui est un guitarriste remarquable doublé d'une voix extraordinaire.
Mardi 15 et Mercredi 1- Mai à 20h 45 dans la salle rouge. 1h20 sans entracte. Tarif 29 euros réduit 27 euros. T. 04.68.90.90.20
P.S Affaire à suivre car Eliades Ochoa a l'aimable gentillesse de recevoir les élèves du projet Cubano Sì pour une interview privée..........
12:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : theatre narbonne, la havane, eliades ochoa, cuba, projet solidaire.
02.05.2007
IBRAHIM FERRER du rêve à la réalité
Article de presse écrit par Jérôme Damoison dans Bol D'Air supplément de L'Indépendant du 31/03/2007
Il lui aura fallu une vie pour parvenir à enregistrer les chansons qu'il aimait tant dans le style qu'il préférait, le Boléro ( cf plus bas dans les diverses notes)
Même avec le Buena Vista Social Club (voir ci contre) porté à l'écran par Wim Wenders, il n'en a pas chanté tant que çà. Bien sûr, on garde en mémoire le célèbre "Dos Gardenias" chanté en duo avec la grande Omara Portuondo mais ça nous laissait un peu sur notre faim. Bien avant qu'Ibrahim Ferrer éclate sur la scène mondiale grâce au coup de génie de Nick Gold et Ry Cooder (voir note précédente), pas un seul producteur ne lui avait donné sa chance pour chanter ces fameux boléros. Un genre majeur à Cuba.
"Voix pas assez grave", lui répondait-on alors. Il faut dire que dans les quartiers de la vieille Havane le chanteur de boléro porte belle gueule, grosse carrure et allure faux dur pour voix de vrai-tendre. Ibrahim n'était pas très grand, plutôt simple comme bonhomme et pas un poil frimeur. Pas du style à s'imposer et pourtant...
MANUEL GALBAN, CACHAITO LOPEZ ET ROBERTO FONSECA
Tout à commencé en 2004, dans la chaleur intime d'un petit studio de La Havane. Ibrahim tenait enfin "son" enregistrement de boléros, aux côtés de "dream team" composée de Manuel Galban à la guitare, Cachaïto Lopez à la contrebasse et le jeune Roberto Fonseca au piano, assurant aussi la direction musicale de l'ensemble et les subtils arrangements. Des musiciens qui à l'exeption de Fonseca, se connaissent depuis longtemps, compagnons de route, de scènes, de tournages, de joies et de consécration mondiale. La voix d'Ibrahim semble avoir été taillée pour le genre. Profonde, grave, nasillarde et fluette à la fois, bourrée de mélancolie et de pleurs aussi déchirants qu'un amour perdu dans les ruelles de San Luis. Une musique du pur registre de l'émotion, qui va droit au coeur, entrainate et lascive à la fois, dans laquelle Ibrahim excelle. "Dos almas", "Deuda", "Copla guajira", "Quiereme mucho", ou ce "Quizás, Quizás" chanté avec Omara Portuondo sont autant de notes d'amour qui carresent nos âmes sensibles. Entre chansons phares hyper connues à Cuba et interprétations beaucoup personnelles.
Malheureusement, Ibrahim décède trois semaines avant la fin de l'enregistrement. Sur son lit de mort, il dicte une lettre en demandant que son album soit terminé. Les premières bandes enregistrées sont d'une telle qualité que Nick Gold joue sur du velour, et le dernier rêve d'Ibrahim Ferrer peut être exaucé. Au début de la session en studio Ibrahim disait: "Si mes jours prenaient fin demain, je partirais satisfait d'avoir accompli mon désir: chanter le boléro". Il peut reposer en paix, son rêve est aujourd'hui pour nous réalité.
15:44 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cuba, ibrahim ferrer, narbonne la havane projet solidaire
















